

Interview
Nachts par Mischa Fanghaenel
Rédigé par Marine Aubenas
pour l'Œil de la Photographie
NACHTS :
Une histoire humaine du Berghain
Interview
Nachts par Mischa Fanghaenel
Written by Marine Aubenas
for L'Œil de la Photographie
NACHTS:
A Human History of Berghain
“Je fais deux métiers qui semblent opposés :
videur et photographe. Mais dans les deux cas,
je suis là pour la même chose : voir des gens sourire.”
Mischa Fanghaenel
Qui n’a jamais entendu parler du Berghain ? Mythique club berlinois, temple de la techno et dont le simple nom suffit à éveiller toute sorte de fantasmes et d’imaginaires.
Certains l’ont entendu au détour d’une conversation, d’autres ont épluché des forums pendant des heures ; les plus téméraires ont bravé la file d’attente pour tenter leur chance… Tous ont spéculé sur ce qui se cache derrière cette façade brute et ces fenêtres embuées du premier étage.
Car si le nom est connu de tous, le lieu, lui, ne l’est véritablement que de certains, préservé par une entrée soigneusement filtrée et l’interdit des caméras, fait assez rare aujourd’hui pour être souligné, à une époque où tout se vit, se capture et se partage à travers les écrans. Mais derrière le mythe et la pierre, que reste-t-il ?
Agnès Varda le formulait déjà avec justesse : « Je crois que les gens, c’est tout de même ce qu’il y a de plus intéressant. » Une phrase qui pourrait résumer NACHTS, le projet du photographe, et videur du club lui-même, Mischa Fanghaenel.
“I do two jobs that seem opposite: bouncer
and photographer. But in both cases, I’m there
for the same thing: to see people smile.”
Mischa Fanghaenel
Who has never heard of Berghain? A mythical Berlin club, a temple of techno, whose very name is enough to awaken all kinds of fantasies and imaginings.
Some have heard of it in passing conversation, others have pored over forums for hours; the boldest have braved the queue to try their luck… Everyone has speculated about what lies behind that raw façade and those fogged-up first-floor windows.
For while the name is known to all, the place itself is truly known only to a few, protected by a carefully filtered entrance and by the ban on cameras—rare enough today to be worth noting, at a time when everything is lived, captured, and shared through screens. But behind the myth and the stone, what remains?
Agnès Varda already put it perfectly: “I believe people are still the most interesting thing there is.” A sentence that could sum up NACHTS, the project of the photographer—and the club’s own bouncer—Mischa Fanghaenel.
Car c’est précisément ce qu’il choisit de regarder, ici, encore, après l’avoir fait pendant plus de quinze ans à la porte d’entrée : les gens ; celles et ceux qui habitent le club. La communauté qui chaque week-end, donnent corps et âme à ces murs de béton.
Le Berghain devient alors ici ce qu’il n’a jamais cessé d’être : non pas une forteresse obscure, mais une humanité tangible, fière et belle, des habitués anonymes aux DJs reconnus, que Mischa Fanghaenel saisit avec sensibilité, gaieté et toujours un profond respect.
Revenons à la genèse.
L’idée de la série photographique naît pendant le premier confinement, au moment où le Berghain, comme tous les clubs du monde, s’est soudain tu. Roland Barthes écrivait que « la photographie a quelque chose à voir avec la résurrection ». Serait-ce alors une coïncidence que ce soit précisément lorsque la scène disparaît que le photographe ressente le besoin de l’immortaliser ?
Mischa ne le dira pas en ces termes. Ce qui l’anime, dit-il, c’est de montrer la scène telle qu’il la voit : « Je voulais préserver quelque chose. Je voulais me souvenir de la scène de la bonne manière, parce que je lisais et j’entendais des choses que je ne reconnaissais pas. Je voulais montrer le côté très beau et très positif de toute cette communauté. »
Le projet germe alors doucement dans le silence forcé de 2020, et NACHTS ne nait réellement que deux ans plus tard. Car avant de se lancer, Mischa prend le temps : de demander, d’écouter, d’obtenir l’accord des propriétaires du club. Des étapes longues, mais essentielles pour celui qui cherche, toujours, à oeuvrer avec justesse.
L’impulsion décisive sera une story Instagram. Il y annonce qu’il recherche des membres de la communauté pour un projet de portraits. L’effet est immédiat : une avalanche de réponses pendant plusieurs semaines. Une dynamique volontaire qu’il rapproche de ce qu’il propose chaque week-end, à la porte du club : « Je n’invite personne. Les gens savent que je suis là, que le club est ouvert. » Ne pas solliciter : accueillir, toujours. Mais pas n’importe qui. Pas n’importe comment.
Car que ce soit dans le club ou en studio, le défi est le même : créer un espace sûr, un espace de liberté, où chacun se sent en confiance. Être « normal », comme l’entend Mischa, et non comme nous le dicte la société, c’est-à-dire être soi.
Because that is precisely what he chooses to look at here, once again, after doing so for more than fifteen years from the entrance door: people; those who inhabit the club. The community that, every weekend, gives body and soul to these concrete walls.
Berghain thus becomes here what it has never ceased to be: not an obscure fortress, but a tangible humanity proud and beautiful from anonymous regulars to celebrated DJs, whom Mischa Fanghaenel captures with sensitivity, cheerfulness, and always deep respect.
Back to the genesis.
The idea for the photographic series was born during the first lockdown, when Berghain, like all the clubs in the world, suddenly became silent. Roland Barthes wrote that “photography has something to do with resurrection.” Was it then a coincidence that it was precisely when the scene disappeared that the photographer felt the need to immortalize it?
Mischa would not put it in those terms. What drives him, he says, is to show the scene as he sees it: “I wanted to preserve something. I wanted to remember the scene in the right way, because I was reading and hearing things I didn’t recognize. I wanted to show the very beautiful and very positive side of this whole community.”
The project slowly took root in the enforced silence of 2020, and NACHTS was truly born only two years later. Because before getting started, Mischa took his time: to ask, to listen, to obtain the club owners’ approval. Long steps, but essential for someone who is always seeking to act with accuracy.
The decisive spark would be an Instagram story. He announced there that he was looking for members of the community for a portrait project. The effect was immediate: an avalanche of responses for several weeks. A voluntary momentum he compares to what he offers every weekend at the club door: “I don’t invite anyone. People know I’m there, that the club is open.” Not to solicit: to welcome, always. But not just anyone. Not in just any way.
Because whether in the club or in the studio, the challenge is the same: to create a safe space, a space of freedom, where everyone feels at ease. To be “normal,” as Mischa understands it and not as society dictates to us meaning: to be oneself.
Au fil des années, Mischa a vu nombre de visages arriver pour la première fois, revenir pour la deuxième, la dixième… Il les a vus changer aussi, d’identité, de vie, vieillir, avoir des enfants, déménager, ne revenir qu’une fois par an. « Peu importe. Tous comprennent qu’ici, il existe un espace pour eux. Qu’ils sont justes dans ce qu’ils sont. » Parce qu’au Berghain, on peut être plus que ce que l’on est dehors. Sans jugement. « Être soi à un degré que tu ignorais jusque-là. »
« J’ai commencé les portraits parce que j’aime les belles personnes », dit-il. Et c’est quoi être beau, Mischa ? « La beauté, c’est être en paix avec soi-même. »
Être en paix avec soi-même pour pouvoir l’être avec les autres. En parcourant ses portraits, c’est moins l’individualité qui prime, que la communauté du Berghain, et avec elle celle de la culture club berlinoise. Mêmes formats, même noir et blanc, même frontalité, même anonymat des personnes photographies, DJ célèbres compris. NACHTS choisit un langage visuel qui place chacune des personnes sur un pied d’égalité. C’est la philosophie même du Berghain. Car, la-bas tous les horizons se croisent. Peu importe le métier, les parcours de vie, le physique, l’âge, l’identité, le genre. Ce qui importe, c’est d’être là, ensemble. Comme la foule sur le dancefloor. Libre et unie. Unie dans cette liberté surtout. Observer, s’attarder au bar ou dans un coin sombre, discuter, danser.« C’est ce que je trouve profondément beau dans ce lieu : chacun y participe à son propre rythme, en choisissant lui-même jusqu’où il souhaite aller. »
Certains artistes numériques se sont emparés de ses portraits pour les animer, les faire vibrer au rythme de la musique de Len Faki. Un prolongement naturel de la vision de Mischa : celle d’une humanité entremêlée, où les visages se répondent et se fondent les uns dans les autres. En harmonie.
Over the years, Mischa has seen many faces arrive for the first time, come back for the second, the tenth… He has seen them change too identity, life grow older, have children, move away, return only once a year. “It doesn’t matter. Everyone understands that here, there is a space for them. That they are right in what they are.” Because at Berghain, you can be more than what you are outside. Without judgment. “To be yourself to a degree you never knew before.”
“I started the portraits because I love beautiful people,” he says. And what is it to be beautiful, Mischa? “Beauty is being at peace with yourself.”
To be at peace with yourself in order to be so with others. As you move through his portraits, it is less individuality that prevails than the Berghain community, and with it that of Berlin club culture. Same formats, same black and white, same frontality, the same anonymity of the people photographed famous DJs included. NACHTS adopts a visual language that places each person on an equal footing. It is the very philosophy of Berghain. Because there, all horizons intersect. The profession, life paths, physique, age, identity, gender doesn’t matter. What matters is being there, together. Like the crowd on the dancefloor. Free and united. United in that freedom above all. Watching, lingering at the bar or in a dark corner, talking, dancing. “That is what I find profoundly beautiful about this place: everyone takes part at their own pace, choosing for themselves how far they wish to go.”
Some digital artists have taken up his portraits to animate them, to make them vibrate to the rhythm of Len Faki’s music. A natural extension of Mischa’s vision: that of an intertwined humanity, where faces answer and blend into one another. In harmony.

Mais revenons au format fixe, celui du photographe. Pour Mischa, le choix de l’aluminium comme support a été une révélation. Sur ce matériau, les noirs gagnent en profondeur, l’ensemble en contrastes, et rien ne vient s’interposer entre le visage et celui qui le regarde. Pas de vitre, pas de reflets. La photo se donne telle quelle. Brute. Brute, mais aussi changeante, car au fil de la journée, elle évolue au gré de la lumière. Une évolution qui fait écho à la scène elle-même, toujours en métamorphose. Cette scène, personne ne l’avait documentée ainsi dix ans plus tôt, et certaines choses, regrette Mischa, sont maintenant perdues. Immortaliser donc, non pas pour dire que c’était “mieux”, mais pour fixer le moment. Dire simplement : c’était comme ça, à cette époque-là.
Et dans cette mouvance, qu’est-ce qui demeure ? Pour Mischa, la réponse est simple : le bonheur.
« Je fais deux métiers qui semblent opposés : videur et photographe. Mais dans les deux cas, je suis là pour la même chose : voir des gens sourire. »
La suite ? « Je serais heureux si quelqu’un poursuit le projet dans cinq ans », confie-t-il.
En attendant la relève, on espère surtout une exposition prochainement, sinon à nous de faire la grimace. Et ça, Mischa ne l’autoriserait pas. N’est-ce pas ?
Marine Aubenas
But let’s return to the fixed format, that of the photographer. For Mischa, choosing aluminum as a support was a revelation. On this material, blacks gain depth, the whole gains contrast, and nothing comes between the face and the one who looks at it. No glass, no reflections. The photograph presents itself as it is. Raw. Raw, but also changing, because throughout the day it evolves with the light. An evolution that echoes the scene itself, always in metamorphosis. No one had documented this scene like that ten years earlier, and some things, Mischa regrets, are now lost. So to immortalize—not to say it was “better,” but to fix the moment. Simply to say: that’s how it was, at that time.
And in this movement, what endures? For Mischa, the answer is simple: happiness.
“I do two jobs that seem opposite: bouncer and photographer. But in both cases, I’m there for the same thing: to see people smile.”
What’s next? “I would be happy if someone carries on the project five years from now,” he confides.
Until the next generation arrives, we’re mostly hoping for an exhibition soon otherwise it’s up to us to make a face. And that, Mischa wouldn’t allow. Would he?
Marine Aubenas

English Version
NACHTS :
Une histoire humaine du Berghain
“Je fais deux métiers qui semblent opposés : videur et photographe. Mais dans les deux cas,
je suis là pour la même chose :
voir des gens sourire.”
Mischa Fanghaenel
Qui n’a jamais entendu parler du Berghain ? Mythique club berlinois, temple de la techno et dont le simple nom suffit à éveiller toute sorte de fantasmes et d’imaginaires.
Certains l’ont entendu au détour d’une conversation, d’autres ont épluché des forums pendant des heures ; les plus téméraires ont bravé la file d’attente pour tenter leur chance… Tous ont spéculé sur ce qui se cache derrière cette façade brute et ces fenêtres embuées du premier étage.
Car si le nom est connu de tous, le lieu, lui, ne l’est véritablement que de certains, préservé par une entrée soigneusement filtrée et l’interdit des caméras, fait assez rare aujourd’hui pour être souligné, à une époque où tout se vit, se capture et se partage à travers les écrans. Mais derrière le mythe et la pierre, que reste-t-il ?
Agnès Varda le formulait déjà avec justesse : « Je crois que les gens, c’est tout de même ce qu’il y a de plus intéressant. » Une phrase qui pourrait résumer NACHTS, le projet du photographe, et videur du club lui-même, Mischa Fanghaenel.
Car c’est précisément ce qu’il choisit de regarder, ici, encore, après l’avoir fait pendant plus de quinze ans à la porte d’entrée : les gens ; celles et ceux qui habitent le club. La communauté qui chaque week-end, donnent corps et âme à ces murs de béton.
Le Berghain devient alors ici ce qu’il n’a jamais cessé d’être : non pas une forteresse obscure, mais une humanité tangible, fière et belle, des habitués anonymes aux DJs reconnus, que Mischa Fanghaenel saisit avec sensibilité, gaieté et toujours un profond respect.
Revenons à la genèse.
L’idée de la série photographique naît pendant le premier confinement, au moment où le Berghain, comme tous les clubs du monde, s’est soudain tu. Roland Barthes écrivait que « la photographie a quelque chose à voir avec la résurrection ». Serait-ce alors une coïncidence que ce soit précisément lorsque la scène disparaît que le photographe ressente le besoin de l’immortaliser ?
Mischa ne le dira pas en ces termes. Ce qui l’anime, dit-il, c’est de montrer la scène telle qu’il la voit : « Je voulais préserver quelque chose. Je voulais me souvenir de la scène de la bonne manière, parce que je lisais et j’entendais des choses que je ne reconnaissais pas. Je voulais montrer le côté très beau et très positif de toute cette communauté. »
Le projet germe alors doucement dans le silence forcé de 2020, et NACHTS ne nait réellement que deux ans plus tard. Car avant de se lancer, Mischa prend le temps : de demander, d’écouter, d’obtenir l’accord des propriétaires du club. Des étapes longues, mais essentielles pour celui qui cherche, toujours, à oeuvrer avec justesse.
L’impulsion décisive sera une story Instagram. Il y annonce qu’il recherche des membres de la communauté pour un projet de portraits. L’effet est immédiat : une avalanche de réponses pendant plusieurs semaines. Une dynamique volontaire qu’il rapproche de ce qu’il propose chaque week-end, à la porte du club : « Je n’invite personne. Les gens savent que je suis là, que le club est ouvert. » Ne pas solliciter : accueillir, toujours. Mais pas n’importe qui. Pas n’importe comment.
Car que ce soit dans le club ou en studio, le défi est le même : créer un espace sûr, un espace de liberté, où chacun se sent en confiance. Être « normal », comme l’entend Mischa, et non comme nous le dicte la société, c’est-à-dire être soi.
Au fil des années, Mischa a vu nombre de visages arriver pour la première fois, revenir pour la deuxième, la dixième… Il les a vus changer aussi, d’identité, de vie, vieillir, avoir des enfants, déménager, ne revenir qu’une fois par an. « Peu importe. Tous comprennent qu’ici, il existe un espace pour eux. Qu’ils sont justes dans ce qu’ils sont. » Parce qu’au Berghain, on peut être plus que ce que l’on est dehors. Sans jugement. « Être soi à un degré que tu ignorais jusque-là. »
« J’ai commencé les portraits parce que j’aime les belles personnes », dit-il. Et c’est quoi être beau, Mischa ? « La beauté, c’est être en paix avec soi-même. »
Être en paix avec soi-même pour pouvoir l’être avec les autres. En parcourant ses portraits, c’est moins l’individualité qui prime, que la communauté du Berghain, et avec elle celle de la culture club berlinoise. Mêmes formats, même noir et blanc, même frontalité, même anonymat des personnes photographies, DJ célèbres compris. NACHTS choisit un langage visuel qui place chacune des personnes sur un pied d’égalité. C’est la philosophie même du Berghain. Car, la-bas tous les horizons se croisent. Peu importe le métier, les parcours de vie, le physique, l’âge, l’identité, le genre. Ce qui importe, c’est d’être là, ensemble. Comme la foule sur le dancefloor. Libre et unie. Unie dans cette liberté surtout. Observer, s’attarder au bar ou dans un coin sombre, discuter, danser.« C’est ce que je trouve profondément beau dans ce lieu : chacun y participe à son propre rythme, en choisissant lui-même jusqu’où il souhaite aller. »
Certains artistes numériques se sont emparés de ses portraits pour les animer, les faire vibrer au rythme de la musique de Len Faki. Un prolongement naturel de la vision de Mischa : celle d’une humanité entremêlée, où les visages se répondent et se fondent les uns dans les autres. En harmonie.

Mais revenons au format fixe, celui du photographe. Pour Mischa, le choix de l’aluminium comme support a été une révélation. Sur ce matériau, les noirs gagnent en profondeur, l’ensemble en contrastes, et rien ne vient s’interposer entre le visage et celui qui le regarde. Pas de vitre, pas de reflets. La photo se donne telle quelle. Brute. Brute, mais aussi changeante, car au fil de la journée, elle évolue au gré de la lumière. Une évolution qui fait écho à la scène elle-même, toujours en métamorphose. Cette scène, personne ne l’avait documentée ainsi dix ans plus tôt, et certaines choses, regrette Mischa, sont maintenant perdues. Immortaliser donc, non pas pour dire que c’était “mieux”, mais pour fixer le moment. Dire simplement : c’était comme ça, à cette époque-là.
Et dans cette mouvance, qu’est-ce qui demeure ? Pour Mischa, la réponse est simple : le bonheur.
« Je fais deux métiers qui semblent opposés : videur et photographe. Mais dans les deux cas, je suis là pour la même chose : voir des gens sourire. »
La suite ? « Je serais heureux si quelqu’un poursuit le projet dans cinq ans », confie-t-il.
En attendant la relève, on espère surtout une exposition prochainement, sinon à nous de faire la grimace. Et ça, Mischa ne l’autoriserait pas. N’est-ce pas ?
Marine Aubenas






